Une question écrite du Sénat pointe une statistique inquiétante : 83 % des installations électriques de plus de 15 ans dans les logements présentent au moins une anomalie. Ce taux atteint 90 % dans les parties communes. Ces données issues de l’Observatoire national de la sécurité électrique soulèvent une alerte forte concernant la sécurité des occupants, en particulier des locataires.
Le constat est sans détour. Les logements anciens non rénovés exposent les résidents aux dangers de courts-circuits, d’électrocutions et de sinistres domestiques. Les enfants de moins de 15 ans, particulièrement touchés, représentent la moitié des admissions aux urgences pour électrocution. Les charges partagées, comme les couloirs ou les escaliers collectifs, souvent négligées, constituent aussi une zone à haut risque, faute d’obligation de diagnostic électrique là où les installations vieillissent.
Le Diagnostic de Performance Énergétique est maintenant obligatoire pour toute vente ou location. Mais il ne couvre pas directement l’état des installations électriques, sauf si l’installation date de plus de 15 ans. Cette dualité crée un vide : un logement peut répondre aux normes énergétiques tout en ayant un câblage dangereux.
Le Sénat interroge le gouvernement sur la possibilité d’étendre la norme. Rendre ainsi le diagnostic électrique obligatoire dans tous les logements et non seulement ceux destinés à la vente ou à la location ou datant d’avant 15 ans. Cette mesure pourrait réduire significativement les incidents. Mais elle soulève aussi des questions de coût, d’intervention des professionnels et de responsabilité juridique.
Le sujet électrique rappelle une vérité simple. Rénover un logement ne se limite pas à améliorer l’isolation ou l’efficacité énergétique. Il s'agit aussi de garantir la sécurité des habitants. En combinant diagnostics électriques et travaux de rénovation, les habitants sont donc protégés. Et le parc immobilier durablement valorisé